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Consultation diététique par Diététiciens et Diététiciennes Nutritionnistes 

La restriction cognitive sabote notre équilibre alimentaire

 
 

La restriction cognitive sabote notre équilibre alimentaire

 

Régimes sans sucre, sans graisses, dissociés, qui multiplient les interdits et nous incitent à nous priver de ce que nous aimons et nous réconforte, nous entraînent dans une spirale de frustrations contre-productive, qui s’ensuivra de frénésies compensatoires…


 

Qu’est-ce que la RESTRICTION COGNITIVE ?

 

« Je ne doit pas manger de chocolat… », « il faut manger 5 fruits et légumes par jours », « j’ai droit à deux biscuits, pas un de plus ! »… Chaque fois que notre mental intervient pour nous dicter une conduite alimentaire, nous sommes dans la restriction cognitive.

Ce contrôle alimentaire raisonné, peut être conditionné par notre culture (« le vendredi, je ne dois pas manger de viande mais du poisson »), des croyances (« le pain, ça fait grossir »…), des principes diététiques rigides (« je dois manger des légumes verts à chaque repas »)…

Le problème est que lorsque le mental contrôle notre alimentation au nom de la « raison » ou de la « science », nous mettons entre parenthèses la perception de nos sensations alimentaires et de nos appétits spécifiques (ceux qui répondent à des besoins sociaux, émotionnels…).

Anxiété et culpabilité brouillent alors les messages de notre corps, et pour s’y soustraire, on éprouve le besoin de se discipliner davantage … C’est un cercle vicieux !

Katherine Kuréta-Vanoli et Ulla Menneteau, diététiciennes nutritionnistes spécialistes du goût, expliquent le mécanisme de cette rupture avec nos sensations :

 

 

« Lorsque le mangeur est en restriction cognitive, il choisit des aliments pour leur effet amincissant supposé et non en fonction d’envies qui pourraient exprimer ses besoins nutritionnels. Il lui est alors difficile d’être attentif au goût et au plaisir gustatif. En effet, s’il dégustait avec attention, il s’exposerait à des émotions négatives telles que la déception, la colère et la frustration à l’idée de se sentir contraint de ne pas respecter ses appétences. Inversement, lorsque le mangeur en restriction cognitive mange des aliments qui l’attirent mais qu’il cherche à s’interdire, manger en toute conscience l’expose à la culpabilité d’avoir mal choisi et à la peur de grossir. »1

Coupés de nos sensations, nous n’avons plus accès aux signaux qui nous indiquent le moment où nous n’avons plus besoin de manger (satiété). De plus, l’arrêt de la prise alimentaire est souvent vécu comme frustrant car il n’est pas précédé par un plaisir et un réconfort suffisants, émotions positives que notre nourriture doit nous procurer.

 

La confiance, clé du bien-être

 

Nous sommes merveilleusement faits ! Notre corps et notre psyché nous font part de nos besoins grâce aux signaux de faim (gargouillis, nervosité, sensation d’estomac vide…) et de satiété (impression d’être satisfait, contenté…), et à nos appétits spécifiques pour des aliments qui vont répondre précisément à nos besoins du moment.

C’est pourquoi une barre de chocolat noir (ou deux, ou trois, ou au lait, ou avec des noisettes…) sera la bienvenue pour nous réconforter après un gros chagrin, quand on n’a sous la main personne à qui se confier ! Faut-il s’en faire reproche ? Non ! La nourriture est aussi un moyen de réguler nos émotions. Sitôt celles-ci apaisées, nous pourrons être plus attentifs aux appétits de notre corps pour des aliments plus légers… Ou encore : un repas sans légume ni crudité ? Parce que ce soir-là on avait juste envie d’une superbe assiette de pâtes au beurre (ou à l’huile d’olive et au basilic, ou avec une sauce tomate bien parfumée et toute poudrée de parmesan), une assiette de pâtes, et RIEN d’autre ? Diététiquement incorrect ?! Et alors ! Ce soir-là, c’est de ça dont on avait besoin. Le lendemain ou surlendemain, assoiffé de vitamines, notre petit corps stimulera notre appétit pour de croquantes fleurettes de brocolis, des carottes rapées bien citronnées, ou des tomates rouges, charnues, zébrées d’un trait de balsamique…

Etre au contact de ses sensations implique d’avoir confiance en elles et de respecter ses ressentis. Quand des débordements émotionnels récurrents menacent notre équilibre, ce n’est pas sur notre alimentation qu’il faut taper ! Ce sont nos problèmes émotionnels dont il convient de s’occuper et soigner, pour retrouver sa sérénité alimentaire.

 

Source

 

Cet article est inspiré des travaux de Gérard APFELDORFER et de son livre Mangez en paix ! (éditions Odile Jacob 2008).

1Collectif, Traiter l’obésité et le surpoids. Editions Odile Jacob, 2010.

Article rédigé par Anne Claude future diététicienne 12.03.2013

 

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